Dans la peau d’une star au Bangladesh

Qui n’a pas rêvé un jour de se retrouver dans la peau d’une rock star ? Avoir des milliers de fans qui n’ont de cesse de vous aborder, béats d’admiration face à la légende que vous êtes. Des fans pour qui les moindres détails de votre vie, même la plus intime, semblent être dignes d’admiration. Pour cela deux solutions s’offrent à vous. La plus évidente est de devenir effectivement une rock star. Le futur Bono ou Mick Jagger. Mais évidemment, ça n’est pas la chose la plus évidente, quand bien même vous le désireriez ardemment. Et une fois acquis ce statut d’icône, plus moyen d’y échapper.  Et la deuxième solution me direz-vous ? Allez faire un tour au Bangladesh. Certains vont penser « il déraille complètement, il a trop abusé du shilom en Inde ». Pourquoi est-ce que le Bangladesh manquerait de rock star locale, c’est absurde. En fait je vous ai un peu menti. Vous ne serez pas une rock star qui monte sur scène, fait des concerts et court les plateaux télé. Ça sera en fait encore plus simple, il vous suffira de marcher dans la rue, tout simplement.

Journée ordinaire à l’embarcadère de Dacca.

Journée ordinaire à l’embarcadère de Dacca.

Au Bangladesh, le touriste se fait rare, et la plupart des Bangladeshis sont très curieux de tout, et encore plus de vous, cet étrange hominidé avec son sac à dos. Ce pays étant surpeuplé, ils sont en outre évidemment très nombreux, où que vous alliez. L’anglais y est assez peu pratiqué mais qu’à cela ne tienne, on vous aborde tout autant en vous harcelant de questions avec deux mots d’anglais et le reste en bengali. Vous pouvez toujours essayer d’expliquer en anglais ou avec vos trois mots de bengali ou vos mains que vous ne comprenez pas, ça ne freinera en rien les ardeurs de vos nouveaux amis. Au contraire, ils vont très souvent rire aux éclats en commentant entre eux ce qu’ils ont compris, chacun ayant bien sur sa propre version. Et évidemment, pour démêler le vrai du faux de ces différentes interprétations, on vous sollicitera comme juge de paix. Après tout c’est logique et tout à votre honneur. Qui d’autre que vous serait mieux placé pour savoir ce que vous avez dit.

Bateliers me saluant à Dacca

Bateliers me saluant à Dacca

Pas d’inquiétude à avoir, tout cela se fait dans une ambiance très bon enfant. Aucun de vos admirateurs ne souhaite vous importuner et encore moins vous offenser tant la plupart des Bangladeshis sont amicaux et chaleureux. Mais simplement ils sont aussi très curieux. Nos repères quant aux notions de vie privée et de convenances sociales sont très différents des leurs. C’est assurément un choc culturel.

Au début on trouve ça assez amusant. Un jour alors que j’étais simplement accroupi sur le trottoir avec mon appareil photo pour prendre des clichés de scènes de rue à Dacca, un cercle de badauds commence à se former autour de moi. Et très rapidement, ce cercle se met à grossir. L’un commente la couleur de mon tee-shirt, l’autre ma coupe de cheveux ou ma grande taille. Au bout de dix minutes, ce groupe a tellement grossi qu’il empiète de plus en plus sur la chaussée jusqu’à en gêner la circulation ! Mon sauveur, en la personne d’un policier, finit par arriver et se fraye sans ménagement un chemin jusqu’à moi. J’imagine alors qu’il va disperser tout ce beau monde pour me rendre à une certaine quiétude. Faux espoir, il vient juste, grâce au privilège que lui confère son statut de policier, de s’arroger le droit de s’imposer au premier rang du spectacle ! C’est très drôle après coup mais sur le moment, c’est assez désarmant.

Rencontre à Jessore

Rencontre à Jessore

Dans les campagnes.

Dans les campagnes.

Et à la longue, cette boulimie de curiosité suscitée 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 peut tout de même s’avérer assez déstabilisante. Impossible de souffler ne serait-ce que cinq minutes. Même lorsque vous rentrez dans votre chambre d’hôtel pensant respirer un peu, cinq minutes plus tard, un des boys de l’hôtel vient frapper à votre porte pour s’assurer qu’il ne vous manque rien. C’est très aimable de sa part mais en fait il est surtout venu lui aussi pour voir de plus près l’attraction du jour et ne souhaite pas vraiment quitter votre chambre dans l’immédiat mais plutôt profiter un peu du spectacle.

Après trois semaines passées au Bangladesh, j’aurai l’impression en retournant en Inde à Calcutta de me retrouver dans un lieu calme, ce qui n’est pourtant pas le premier adjectif qui vous vient habituellement à l’esprit pour qualifier Calcutta ! Évidemment on ne rentre pas non plus du Bangladesh avec ce seul souvenir.  La très grande générosité dont m’ont fait preuve de nombreux Bangladeshis est très touchante et est assurément un des attraits du pays. Mais on n’oublie pas cette éphémère sensation de s’être retrouvé une fois dans sa vie dans la peau d’une rock star.

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Laurent Claudel

À propos de Laurent

Attiré par les destinations moins courues, en recherche perpétuelle du Kiffistan, je partage ici ma passion du voyage. J'essaye désespérément de me prendre très au sérieux, mais à ce jour, c'est un échec cuisant. Pour en savoir plus sur ce blog, c'est ici.

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