La plaine de Bagan et ses 2000 pagodes

Depuis 2010 et le début d’ouverture démocratique de la junte militaire, la Birmanie est devenue une destination touristique à la mode. Pour ma part, j’ai visité la Birmanie en 2000. Le touriste y était déjà présent mais dans une moindre mesure. Le connaisseur ou le voyageur éclairé connaissaient déjà ce pays pour sa splendeur et la gentillesse des Birmans mais il était assez peu importuné par ses congénères car ils n’étaient pas très nombreux. Et parmi toutes les merveilles qui évoquent la richesse culturelle de la Birmanie, celle qui attirait et attire encore le plus de monde est à n’en pas douter la plaine de Bagan et ses 2000 pagodes.

La plaine de Bagan

La plaine de Bagan

Aujourd’hui, la Birmanie s’ouvre progressivement au monde. Les généraux de la junte militaire ont troqué leurs uniformes pour l’habit traditionnel, Aung San Suu Kyi n’est plus assignée à résidence, on n’oblige plus à la douane le touriste à changer 300 $ contre des FEC1, une devise spéciale touristes qui vous donnait un peu l’impression d’avoir échangé vos dollars contre des billets de Monopoly ! Le pays sort de sa paranoïa et le touriste, souvent assez craintif,  afflue.

Quiconque a passé ne serait-ce que quelques jours en Birmanie a pu assez rapidement remarquer que le bouddhisme est profondément ancré dans la culture de ce pays. Les pagodes y sont légion ainsi que les bouddhas géants couchés. Mais rien ne prépare vraiment le visiteur non averti à la surabondance, on pourrait même parler de débauche, de pagodes à Bagan. Où que porte votre regard, il n’y a que ça, des pagodes, toujours des pagodes, encore des pagodes.

Tellement de pagodes ...

Tellement de pagodes …

Au dernier décompte, on compterait plus de 2000 temples. Certains sont splendides et majestueux comme le temple Ananda Pahto quand d’autres sont en fait de simples stupas. Bagan, ce fut une fièvre architecturale un peu comme en a connu la France à la même époque avec les cathédrales. Sauf qu’ici, toutes les pagodes ont été construites sur un même site.

Le temple Ananda Pahto après le couché du soleil

Le temple Ananda Pahto après le couché du soleil

Le site de Bagan est vaste, quelque chose comme 40 km2, mais il n’empêche. De prime abord, on ne comprend pas vraiment en fait, pourquoi toutes ces pagodes et rien d’autre. Quel souverain mégalo a bien pu être à ce point pieu ou obsédé pour vouloir en faire construire autant et sans doute pour personne puisqu’on n’y trouve pratiquement aucune habitation. En fait, Bagan n’était pas faite que de pagodes, loin s’en faut. Mais toutes les autres constructions, y compris les palais, étaient en bois et ont donc disparu. Le secteur est de nos jours d’autant plus dépourvu de tout autre édifice que le village du vieux Bagan qui avait poussé au milieu des ruines a été déplacé en 1990. La junte, toujours la main sur le cœur, avait alors donné une semaine aux habitants pour déménager quelques kilomètres plus au sud. Mais je vais arrêter là le cours d’histoire. Je n’en ai pas les compétences et risquerais d’être rapidement barbant !

Bagan en montgolfière

Bagan en montgolfière

Thatbyinnyu Pahto

Thatbyinnyu Pahto

Vous allez peut-être me dire, on doit vite en avoir sa claque de toutes ces pagodes. Et puis qu’est-ce qui ressemble plus à une pagode si ce n’est une autre pagode. Et bien non, on ne s’en lasse pas. Ce lieu est tout simplement magique. Laurence et Sylvain qui m’accompagnent en Birmanie ne semblent pas non plus s’en lasser. Nous cheminons au guidon de nos destriers birmans parmi les chemins de terre qui parcourent cette plaine de Bagan. Il y fait chaud donc nous cheminons lentement. Le lieu dégage une incroyable sérénité donc nous y cheminons paisiblement. Et de temps à autre, toujours en selle, nous croisons sur ces chemins une charrette derrière une paire de bœufs. L’heure est venue alors de poser nos biclous et à l’ombre d’un arbre, admirer encore et encore ce paysage.

Statue de bouddha dans un temple

Statue de bouddha dans un temple

Facile d’oublier alors le sort qui était celui des Birmans en 2000. Nos avions l’impression d’être au paradis alors que nous étions en fait dans une dictature. Un pays tellement fermé que ses habitants étaient fascinés par le moindre objet venu de l’occident. Un stylo bille français faisait alors beaucoup d’envieux. Que les apparences peuvent-être trompeuses. Aujourd’hui, fort heureusement, un peu de lumière pointe à l’horizon. Une simple façade ou une réalité tangible ? À ceux qui y sont allés récemment, Rangoon s’est-elle d’ailleurs débarrassée de ses panneaux « People’s Desire » qui décoraient alors les avenues de ce qui était encore la capitale de la Birmanie ?

Les désires du peuple (vus par la junte)

Les désires du peuple (vus par la junte)

Conseils pratiques :

  • Pour visiter les ruines, louez un vélo. Le site est vaste donc c’est vraiment pratique. Il est également possible de faire la visite en charrette à cheval. C’est sans doute plus romantique mais le vélo a pour lui de vous offrir une totale liberté de mouvement (ceux qui me connaissent reconnaîtront bien là mon besoin de liberté en voyage !).
  • Levez-vous tôt ! Oui je sais, c’est les vacances et on a bien mérité de faire un peu la grasse mat’ mais au petit matin, la plaine de Bagan baigne très souvent sous une brume orangée du plus bel effet. Vous ne le regretterez pas.
  1. Foreign Echange Certificates []

Tu aimes One Chaï ?

Alors aime aussi la page Facebook s'te plaît 😍

Merci d'avance ...

Tais-toi, je l'aime déjà ➪

Merci !

Laurent Claudel

À propos de Laurent

Attiré par les destinations moins courues, en recherche perpétuelle du Kiffistan, je partage ici ma passion du voyage. J'essaye désespérément de me prendre très au sérieux, mais à ce jour, c'est un échec cuisant. Pour en savoir plus sur ce blog, c'est ici.

Une dose régulière de One Chaï ?

Les nouveaux articles directement dans ta boite mail environ chaque 2 semaines.

Un chaï, ça soigne tout, c'est garanti zéro spam et zéro frais de port 😉