L’Inde du Sud côté Kerala et Karnataka

Après avoir parcouru les routes du Tamil Nadu, l’heure est venue de traverser les montagnes, les Ghats Occidentaux à travers les Palni Hills avant de rejoindre le Kerala et ses backwaters, puis de remonter à travers le Karnataka jusque Hampi. Un billet en forme d’impressions de-ci de-là pour aiguiser votre appétence pour cette région. Des notes entrecoupées de quelques chevauchées mécaniques, car nous sommes toujours en Inde. Et comme j’ai pensé à vous, vous aurez même droit à la fin de ce billet à quelques suggestions d’itinéraires pour l’Inde du Sud. Aucun doute, après cette saine lecture, votre karma va … je ne vous en dis pas plus.

On continue donc la petite aventure en Inde du Sud. Deux articles d’affilés sur le même pays, qui plus est la même région et en plus, s’il vous plaît, chronologiquement, c’est ici une première. Mais désolé pour les accros de la cohérence spatio-temporelle, je crains fort que ça ne dure pas. Mais puisque c’est le programme du jour, allons-y.

Le Kerala est sans doute plus touristique que le Tamil Nadu. Il a pour lui, il faut dire, les plages de Kovalam et Varkala où je n’ai même pas mis les pieds. J’ai sans doute eu tort, un peu de repos ne m’aurait pas fait de mal, mais c’était une époque où j’avais rayé le mot plage de mon vocabulaire. Il y est reparu depuis, mais de manière tout de même très discrète et sporadique.

Mais avant d’arriver au Kerala, il me faut traverser quelques montagnes. Évidemment, ce n’est pas vraiment l’Himalaya, mais on y retrouve les mêmes stations de montagne que dans les contreforts de l’Himalaya. Parmi les différentes stations, j’ai choisi Kodaikanal, pourquoi, je ne sais plus. Toujours est-il que ce ne fut pas vraiment une réussite. L’endroit est sans doute magnifique, mais ça n’est juste pas la bonne saison. Nous sommes fin octobre, et la mousson du nord-est est arrivée à Kodai. C’est assez compliqué les moussons en Inde. La majeure partie du pays subit la mousson du sud-ouest de mi-juin à mi-septembre, mais le sud-est de l’Inde est affecté par la mousson du nord-est (ça va, pas trop le tournis ?) de la mi-octobre à la fin décembre. Bref, je suis dans les nuages et il pleut. Pour profiter de la montagne, ça n’est pas forcément le top.

Donc je poursuis ma route vers le Kerala et ses fameux backwaters. Vous n’avez jamais entendu parler des backwaters du Kerala ? C’est tout un réseau de canaux navigables et de lacs qui longent la côte du Kerala à travers une végétation luxuriante et c’est l’occasion d’expérimenter un mode de transport un peu moins mouvementé que les bus indiens, à savoir le bateau.

Les backwaters du Kerala

Les backwaters du Kerala

Puis vint Kochi, un vrai régal. Si vous voulez faire un stock de piments rouges pour vous fâcher définitivement avec vous invités une fois rentré à la maison, vous êtes au bon endroit. On trouve aussi à Kochi quelques carrelets chinois. C’est quoi c’est donc ? Et bien un carrelet est une structure en bois qui soutient un gros filet de pêche. Donc au lieu de jeter votre filet à la mer, vous le descendez et le refaites monter grâce à cette structure et à l’aide de cordes.

Les carrelets de Kochi au coucher du soleil.

Les carrelets de Kochi au coucher du soleil.

À la manoeuvre aux carrelets chinois.

À la manoeuvre aux carrelets chinois.

Et hop hop hop, on continue vers le nord. Les voyages en bus en Inde, ça peut être un peu mouvementé. Et celui pour aller à Sravanabelagola tint toutes ses promesses. Le bus est équipé de deux klaxons et le chauffeur nous joue une véritable symphonie avec ces deux tons pour se frayer un chemin sur ces routes parfois encombrées. Mais la symphonie est un peu dissonante et finit par me taper sur les nerfs, car je suis assis à l’avant, juste à côté du chauffeur. Et puis soudain, il y a devant nous un pont remplit de moutons. Le code de la route indien stipulant que le plus gros a toujours raison, notre preux chevalier de la route reprend donc sa symphonie de plus belle pour s’ouvrir un passage. Évidemment, il ne ralentit pas, à quoi bon ! Sauf qu’il y a beaucoup trop de moutons sur ce pont pour pouvoir passer. À la dernière minute, il écrase le frein et s’immobilise dans un crissement de pneus juste à temps. J’avais beau être à ce stade plutôt habitué à la conduite à l’indienne, j’ai failli lui hurler dessus un « mais putain, t’es trop con, tu voyais pas que ça ne pourrait jamais passer ». Car oui, sur ce coup-là, j’ai vraiment eu la trouille. Lui, sûr de son bon droit, il a engueulé le berger !

Sravanabelagola est la ville sainte du jaïnisme. Vous ne connaissez pas le jaïnisme ? Je ne connaissais pas non plus. Ça se rapproche de l’hindouisme, mais c’est tout de même une autre religion. Je ne vais pas vous faire un cours de théologie, mais l’aspect le plus surprenant du jaïnisme, c’est le culte de la non-violence porté à son paroxysme. Un jaïn devra donc normalement balayer devant lui lorsqu’il marche ou encore porter une sorte de voile devant sa bouche, et ce afin d’être certain qu’il ne va pas malencontreusement écraser ou gober une petite bête. On peut supposer du coup que les jaïns sont rarement chauffeurs de bus, sans quoi vous risqueriez fort d’être en retard à votre destination !

Au temple jaïn de Sravanabelagola, on trouve une statue haute de 18 m de Bahubali qui est le fils du fondateur du jaïnisme. Et effectivement, il a l’air très « peace and love » Bahubali.

Statue de Bahubali au temple Jaïn de Sravanabelagola

Statue de Bahubali au temple Jaïn de Sravanabelagola

En route vers Hampi, petite pause à Belur pour y admirer un des temples d’Inde du Sud à la statuaire la plus raffinée. Notez également l’élégance de ces Indiennes en sari. Je ne suis pas certain en revanche que celle en jaune soit très impressionnée par mon élégance à moi 🙁

Belur, le Channekeshava

Belur, le Channekeshava

Et pour terminer en beauté, Hampi ! D’une certaine manière, Hampi n’est pas vraiment indien. Pourquoi ? Et bien parce qu’une fois à l’intérieur des ruines de Vijayanâgara, vous êtes au calme et ça, c’est plutôt rare en Inde. Je savoure donc cet instant suspendu, cet instant sans « what’s your name » et « what’s your country ». Je ne vais pas le nier, une petite pause d’une journée, ça ne fait pas de mal. Pour ceux qui se poseraient la question, l’image d’entête de cet article a elle aussi été prise à Hampi.

Chariot de pierre à Hampi

Chariot de pierre à Hampi

Pourquoi choisir l’Inde du Sud ?

Quasiment tout le monde choisit le Rajasthan pour un premier voyage en Inde. Ce fut également mon choix, mais rétrospectivement, je ne pense pas que ce soit forcément le bon. Le Rajasthan attire les foules à raison, car il recèle de véritables perles. Mais le fait d’être aussi touristique attire aussi son lot de rabatteurs un brin insistants auquel on s’habitue … ou pas. Et à cet égard, le sud, moins touristique, est tout de même plus facile à appréhender. Au Tamil Nadu, le tourisme y est présent bien sûr, mais il n’est pas forcément majoritaire. Les temples hindous sont également visités par d’innombrables Indiens en pèlerinage. Hampi est sur la route des backpackers, mais les autres villes du Karnataka pas tant que ça.

Itinéraires en Inde du Sud

Circuit de 15 jours en Inde du Sud

Comme je suis gentil, je vous propose deux itinéraires. Le premier est axé sur le Tamil Nadu et le Kerala avec un départ de Chennai. Si vous ne disposez que de 2 semaines, il est sans doute inutile de rester dans cette ville. Direction donc Mamallapuram pour ses temples, Pondichéry pour un petit zeste de France, Thanjavur, Tiruchirapalli qui est un lieu de pèlerinage hindou assez important et enfin Madurai pour ses temples ultras kitsch rehaussés de couleurs vives que l’on trouve en Inde du Sud. Enfin, un petit tour dans les montagnes à Kodaikanal avant de finir avec les backwaters du Kerala à  Kottayam puis Kochi. Ce circuit fait environ 1000 km. Si vous avez un peu plus de temps, vous pouvez ajouter des étapes à Kanchipuram, Chidambaram ou encore Kumbakonam, voir même un détour vers Rameswaram ou vers les plages du Kerala, par exemple à Varkala. Je parle de la partie Tamil Nadu dans ce précédent billet.

Le second se concentre lui sur le Kerala et le Karnataka. Il démarre à Kochi. Quelques jours dans la ville et un petit tour pour explorer les magnifiques backwaters du Kerala avec au choix Alappuzha-Kottayam ou Alappuzha-Kollam. Direction ensuite Mysore, puis un saut de puce vers Sravanabelagola et son temple jaïn et Belur pour le temple Chennakesava aux sculptures d’une incroyable finesse. On termine avec Hampi qu’on ne présente plus avant un peu de repos bien mérité à Goa. Ce parcours fait environ 1200 km, donc si vous avez plus de temps, c’est encore mieux.

Circuit d’un mois en Inde du Sud

Une idée incroyable, si vous joignez les deux itinéraires précédents, vous obtenez un circuit d’un mois ! C’est en gros ce que j’ai fait, mais avec les étapes supplémentaires suggérées et en 6 semaines.

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Laurent Claudel

À propos de Laurent

Attiré par les destinations moins courues, en recherche perpétuelle du Kiffistan, je partage ici ma passion du voyage. J'essaye désespérément de me prendre très au sérieux, mais à ce jour, c'est un échec cuisant. Pour en savoir plus sur ce blog, c'est ici.

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