Bundi, le Rajasthan loin du tourisme de masse

Lecteurs et lectrices fidèles, je n’en doute pas une seconde, le Tadjikistan est également devenu, votre Kiffistan. Mais halte-là, les addictions, c’est dangereux ! Alors pour vous éviter toute dépendance, une petite pause s’impose. Et hop, c’est l’excuse parfaite pour revenir à une autre de mes addictions, l’Inde. Je vous emmène cette fois-ci au Rajasthan. J’entends déjà votre déception, « tu parles d’un truc à contre-courant le Rajasthan ». Mais si je vous emmenais visiter un Rajasthan un peu moins touristique. Un Rajasthan où on n’essayera pas de vous vendre tout et n’importe quoi à chaque coin de rue. Un Rajasthan où vous n’aurez pas envie de passer vos nerfs sur le premier rickshaw un brin trop insistant ! Aujourd’hui, je vous emmène pour une petite balade à Bundi.

Bundi depuis les remparts

Vue depuis les remparts de Bundi

Dès que l’on évoque un voyage en Inde, surtout si c’est le premier, le choix se porte pour le plus grand nombre sur le Rajasthan. Plus d’un quart des visiteurs étrangers qui viennent en Inde viennent au Rajasthan, ce qui en fait la région la plus touristique de l’Inde. Il y a pour ça de très bonnes raisons (les touristes ne sont pas non plus complètement idiots), la région est magnifique et proche de Delhi. Mais le contre coup de cet afflux massif de touristes, c’est un afflux tout aussi massif de rabatteurs et autres vendeurs d’à peu près tout et n’importe quoi (in India, everything is possible).

Et ces rabatteurs savent à leurs heures être extrêmement persistants. Certains voyageurs s’en accommodent très bien, d’autres non. Je m’adresse ici aux connaisseurs, vous n’avez pas un peu saturé parfois face à toutes ces sollicitations ? Un circuit classique du genre Delhi, Jaipur, Pushkar, Jodhpur, Jaisalmer, Udaipur, Agra et retour à Delhi ne vous laissera que peu d’échappatoires face à cette déferlante.

Donc c’est raté, adieu les rêves de visites solitaires au pays des maharajas. Il aurait fallu pour ça venir en Inde au temps de Nicolas Bouvier, maintenant, c’est foutu. Hop hop hop, pas si vite ! Certes, les splendeurs du Rajasthan en mode explorateur, c’est du passé, mais un petit pas de côté à l’écart des grandes migrations touristiques est toujours possible. Ce petit pas hors de l’autoroute, ça pourrait être Bundi.

Le Rajasthan hors des sentiers battus

En 2012, plus de 500 000 touristes étrangers ont visité Jaipur, mais ils ont été seulement 16 500 à visiter Bundi. Évidemment, vous ne serez pas non plus vraiment seuls à Bundi et croiserez d’autres congénères dans les rues, mais il n’empêche, le contraste est loin d’être négligeable, quel calme.

Non, vous ne serez pas seuls à Bundi

Non, vous ne serez pas seuls à Bundi

À Bundi, on prend plaisir à marcher tranquillement dans les ruelles de la vieille ville. Pas de circulation dantesque, pas de vendeurs ou de rickshaws qui vous apostrophent sans cesse, juste des Indiens qui vous regardent (oui, on est tout de même en Inde !) et qui échangent volontiers un sourire avec vous. À vrai dire, je n’ai jamais rencontré de touristes qui soient venus ici et qui aient été déçus. Mais si vous faites partie de ces bêtes rares, je serais curieux d’en connaître la raison.

Bundi est une petite ville logée entre des collines dont la ligne de crête est garnie de remparts. J’imagine qu’en terme militaire, on appelle ça une position stratégique. Nous sommes ici en territoire Rajput, et autant dire qu’ils ont fier allure les Rajputs avec leurs dhotis, leurs boucles d’oreilles, leurs turbans, et leurs moustaches effilées. Quand on les croise dans les rues, ils ne regardent pas leurs pompes, mais marchent fièrement, la tête haute. Il faut dire qu’avec une prestance pareille, il faudrait être fou pour jouer au traîne-savates.

Rajputs dans la vieille ville

Rajputs dans la vieille ville

Un turban rouge

Un turban rouge

Ou un turban blanc

Un turban blanc

Admirez le turban et les boucles d'oeilles

Ou un turban orange. Et admirez les boucles d’oreilles

Ils se retrouvent sur les petites places de la vieille ville, discutent, fument quelques bidis, boivent un chaï, refont sans doute un peu le monde, à moins que refaire le Rajasthan soit un horizon suffisant. Que l’un d’autre eux se lève, sa contenance, son langage corporel impressionnent. Parmi la mosaïque indienne, ils représentent sans doute avec les sikhs la quintessence d’une certaine élégance.

À leur tête, le raja de Bundi vivait bien évidemment dans un petit palais. Ce palais et le fort qui le domine ne sont peut-être pas aussi impressionnants et majestueux qu’à Jodhpur, mais on n’est pas non plus face à une petite bicoque, jugez plutôt.

Le Palace de Bundi

Le palais de Bundi

Étant plutôt adepte d’une certaine simplicité, je n’ai pas élu domicile dans le palais, mais dans ses écuries ! En effet, les écuries au pied du palais ont été reconverties en auberge bon marché (Haveli Elephant Stable). Avantage notoire, quand on loge dans d’anciennes écuries pour éléphant, on ne se cogne pas au plafond ! Une très bonne adresse au demeurant. Le tenancier, Raj, est très affable et adorable, et sa femme Neema, en plus d’être elle aussi très souriante est très bonne cuisinière. Attendez-vous à de fabuleux dîners aux chandelles dans le jardin.

En plus des traditionnelles vaches, les singes ont également élu domicile à Bundi. Quelques-uns sautent de toit en toit en ville, mais c’est surtout dans les collines environnantes qu’on les croise. Alors que je marche le long des remparts, les singes eux marchent sur les remparts, sautant de merlon en merlon. Avec les plus jeunes, c’est une sorte de jeu, chacun essayant d’intimider l’autre avec les moyens dont il dispose. Eux poussent de petits cris dans ma direction, car ils hésitent parfois à me doubler, alors que moi, je tape le sol avec mon bâton. Avec les mâles adultes, je fais moins le malin. Je n’ai pas envie de me retrouver entouré de mâles qui peuvent être parfois assez agressifs. Autant dire que le bâton est un accessoire indispensable pour aller vaquer dans les collines. Sans, c’est plus compliqué !

Les gardiens des remparts

Les gardiens des remparts

Je ne fais pas la gueule ... si je veux !

Je ne fais pas la gueule … si je veux !

Depuis les remparts, telle une mini version de Jodhpur, la ville bleue s’étend à nos pieds. Ce bleu auquel on reconnaît les maisons des brahmanes et qui est également censé protéger de la chaleur et des moustiques. Une fois redescendu en ville, on retrouve dans ces ruelles une atmosphère assez magique qui a disparu des grandes villes du Rajasthan. Ici, vous ne trouverez pas de charmeurs de serpents assis à attendre le touriste pour la photo. Chacun vaque tranquillement à ses occupations.

Évidemment, les vaches ne sont pas absentes de ce paysage urbain. Comme partout en Inde, si l’une d’entre elles a décidé d’occuper le milieu de la rue, les rickshaws auront beau klaxonner, c’est peine perdue. Elles sont ici chez elles. N’inversons pas les rôles, dans les villes indiennes l’homme semble parfois n’être qu’un invité dans un territoire déjà conquis par la gent bovine.

Dans les rues de Bundi

Dans les rues de Bundi

Après avoir déambulé dans le fort, le long des remparts, dans le palais, après vous être perdu dans les ruelles, après avoir rendu une petite visite d’usage aux primates et aux bovidés, la seule, l’unique adresse absolument incontournable à Bundi, c’est la petite échoppe de Krishna dans Sadar Bazar. Krishna vous servira rien moins que le meilleur chaï jamais bu en Inde, une merveille !

Quelques conseils pratiques

Comment se rendre à Bundi

Bundi ne se trouve pas sur une des lignes principales de chemin de fer, mais il y a néanmoins deux trains par jour pour Chittorgarh, deux pour Delhi, un pour Agra et un pour Udaipur. Enfin, depuis Kota qui n’est qu’à une heure de bus, il y a de très nombreux trains pour Delhi et Jaipur. Comme toujours, les horaires des trains sont disponibles sur Indian Railways ou encore ClearTrip. Depuis Pushkar, il y a à priori un bus direct et de très nombreux depuis Ajmer.

Plutôt Bundi, Chittorgarh ou Pushkar

Le drame pour beaucoup de monde en Inde, c’est de devoir choisir où aller, mais également par extension où ne pas aller. On a connu drame plus … dramatique, mais il n’empêche. Une question qui revient souvent, c’est quel choix faire entre Bundi, Chittorgarh et Pushkar ?

Le fort de Chittor vaut le détour, mais la ville de Chittorgarh est à mon sens bien moins plaisante que Bundi. Donc s’il vous faut arrêter un choix par manque de temps, je jetterais sans hésiter mon dévolu sur Bundi. À noter au passage que Chittorgarh reste également plus touristique.

Pour Pushkar, il va m’être un peu plus compliqué de donner un avis car … je ne suis jamais allé à Pushkar ! Mais il m’arrive de bavarder avec d’autres voyageurs. Pushkar est à n’en pas douter un endroit plutôt paisible, mais si vous cherchez une destination pas trop touristique, clairement, ça n’est pas là qu’il faut aller. Pushkar a beau n’être qu’une petite bourgade, elle est devenue depuis plusieurs années très tendance. Donc là encore, si vous êtes à la recherche d’une halte un peu en dehors des circuits, Bundi est assurément le bon choix.

Maintenant que je vous ai livré toutes les clés de Bundi, il ne vous reste plus qu’à trouver le bon cadenas. Lequel aura vos faveurs ?

Bibly, Winner, Syria, aucune marque ne manque à l'appel

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Laurent Claudel

À propos de Laurent

Attiré par les destinations moins courues, en recherche perpétuelle du Kiffistan, je partage ici ma passion du voyage. J'essaye désespérément de me prendre très au sérieux, mais à ce jour, c'est un échec cuisant. Pour en savoir plus sur ce blog, c'est ici.

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