Pano 360 : perdu dans la vallée de Bartang

Au Tadjikistan, à trop lever la tête pour admirer les sommets, le Pamir m’a donné le torticolis . À trop vouloir regarder devant, derrière, à gauche, à droite, le Pamir m’a fait tourner la tête, un vrai tournis. Et non, inutile d’insinuer que la vodka pourrait avoir une quelconque responsabilité à ce tournis, que nenni. Vous n’êtes pas convaincu ? Et bien, allons donc tourner ensemble. Sautons ensemble à pieds joints en immersion dans la vallée de Bartang. Allons à nouveau kiffer un peu au Kiffistan, mais cette fois-ci en panoramique.

Tout commence par deux bonnes heures d’attente à Khorog que la marchroutka1 daigne se remplir, un temps somme toute raisonnable. Puis nous avons remonté la Pamir Highway (la M41) le long de la vallée du Pyanj jusqu’à Rushan. N’ayant pas très bien dormi la veille, je m’assoupis sur mon siège, mais la sieste fut de courte durée. C’était en effet sans compter sur les soubresauts de la marchroutka. Elle n’y est pour rien la pauvre, mais le goudron vient juste de laisser place à la poussière et aux nids de poules. Le chauffeur, Zamir, a beau connaître cette route comme sa poche, les amortisseurs fatigués de sa machina2 ne savent plus arrondir les angles.

À Rushan, quelques passagers nous quittent. Nous nous engouffrons alors dans la vallée de Bartang. L’entrée de la vallée est assez verdoyante. Il y pousse même du raisin dont on vient m’offrir une pleine grappe lors d’une pause.

Les amortisseurs fatigués ne savent plus arrondir les angles

Puis petit à petit, les maisons se font rares, de même que les autres passagers qui nous quittent un par un jusqu’à ne plus être que Zamir et moi. La verdure a complètement disparu, les montagnes se dressent de plus en plus hautes de part et d’autre de la route et la vallée se rétrécit jusqu’à ne plus laisser place qu’à la rivière Bartang et à la piste.

De route, il n’y en a plus vraiment et la marchroutka, plutôt inadaptée à ce genre de terrain avance au pas. La piste est très rocailleuse. L’hiver dernier, la montagne a une fois de plus décidé de dégurgiter, l’ensevelissant alors sous un amas de gravats. Le printemps venu, un bulldozer lui a refait une beauté, mais il ne s’est pas attardé sur les détails. Tel un visage pamiri buriné par les ans et le soleil, de profondes rides subsistent.

Une quinzaine de kilomètres après le dernier village, une passerelle pointe à l’horizon. Zamir s’arrête et fait demi-tour, nous sommes arrivés. Il m’explique en russe qu’après avoir traversé le pont, je n’ai qu’à suivre le sentier et en un peu moins de 2 h de marche, je serai à Geisev. Il me serre la main et repart tout souriant au volant de sa marchroutka.

Le vent se lève soudainement durant quelques minutes, me noyant dans un nuage de poussière, puis tout redevient très calme. Restent ces géants de granite, cette frêle passerelle qui traverse la rivière Bartang, et moi. Et si Zamir m’avait fait une blague, s’il avait un compte à régler avec les Fransouzkis3. Si en fait Geisev n’existait pas ? De l’autre côté de la passerelle, un welcome suivi d’un Geisev 2 h 30 peints sur une pierre semblent lui donner raison. Je m’engage sur le sentier, à moi Geisev …

Pour profiter pleinement du panorama, cliquez sur l'icône plein écran (4 flèches) et déplacez-vous avec la souris tout en maintenant le bouton gauche enfoncé.

  1. camionnette faisant office de taxi collectif []
  2. voiture en russe []
  3. Français []

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Laurent Claudel

À propos de Laurent

Attiré par les destinations moins courues, en recherche perpétuelle du Kiffistan, je partage ici ma passion du voyage. J'essaye désespérément de me prendre très au sérieux, mais à ce jour, c'est un échec cuisant. Pour en savoir plus sur ce blog, c'est ici.

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