Premières impressions d’un voyage de 2 semaines au Bénin

Ding dong, la saga à bord du Grande Lagos clôt, place maintenant à la terre ferme. Le voyage commence par le traditionnel article à la fois d’introduction et de synthèse de ces 2 semaines de voyage au Bénin. Plus qu’une tradition, ces billets sont devenus une véritable marotte, et la marotte veut qu’ils soient un peu loufs. Évidemment, ça reste le fruit de mon expérience au Bénin, mais c’est interprété à ma sauce. Et pour détendre au maximum l’atmosphère, la marotte veut aussi que dans ces articles, cher lecteur, je te tutoie. Cerise sur le gâteau, j’y ajoute également une sélection de mes meilleures photos. J’espère que ça va donc te plaire, mais mon petit doigt me dit déjà que oui 😉

À la question combien de jours partir dans un pays donné, ma réponse est généralement un mois minimum. Mais cette fois-ci, ayant décidé de rejoindre le Bénin en cargo, forcément ce mois a été sérieusement grignoté par les deux premières semaines passées sur les mers. Deux semaines sur place, ce fut donc un peu court à mon goût. Mais ne souhaitant pas pour autant courir (la course contre la montre, très peu pour moi), je me suis cantonné à la partie sud du pays, laissant les régions nord pour une autre fois.

Itinéraire de 2 semaines au Bénin

Les premières impressions

Mon dernier voyage en Afrique, c’était au Burkina Faso en 2012 et clairement, j’avais hâte de poser à nouveau les pieds sur ce continent. Pourquoi ? On dit souvent qu’on ne vient pas vraiment en Afrique de l’Ouest pour son patrimoine, mais pour une certaine ambiance qui y règne. C’est indéniable que le contact avec une population francophone est un plaisir de chaque instant. J’ai beau parler anglais couramment, je n’arrive pas à faire passer les mêmes émotions dans cette langue. Sans compter que le plus souvent, mes interlocuteurs parlent eux un anglais assez limité, car ça n’est pas non plus leur langue maternelle. En français, je plaisante beaucoup plus, ça rend le contact d’autant plus chaleureux. Et crois-moi, plaisanter avec un Béninois, c’est la norme plus que l’exception. Et cet accent d’Afrique de l’Ouest si charmant, je ne m’en lasse décidément pas.

À peine débarqué à Cotonou, je me suis senti bien, très bien même. Était-ce un problème de choc culturel ou une réelle différence, je ne saurais dire, mais si je compare le Bénin au Burkina Faso, mes premiers jours passés au Burkina avaient été plus compliqués, plus tendus. Je ressentais parfois une certaine agressivité dans la manière dont certains jeunes m’interpellaient « le blanc ». Au Bénin, rien de tel. Tout a roulé durant ces deux semaines comme sur des roulettes.

Même au milieu de cette circulation, Cotonou, c'était sympa.

Même au milieu de cette circulation, Cotonou, c’était sympa.

Passée cette impression générale on ne peut plus positive, vient l’heure des observations un peu plus fines. Et tu imagines aisément qu’en 2 semaines, avec mon regard perçant d’observateur aguerri, je vais pouvoir te dresser un portrait type du Bénin et du Béninois. Portrait agrémenté de réflexions anthropologiques qui feraient sans doute pâlir de jalousie Jonathan et Anne-Laure, les deux experts aux commandes d’AnthroStory. Tu ne connais pas Anthropodcast ? Un conseil, répare vite cet oubli. Comme son nom l’indique, c’est un podcast sur l’anthropologie et c’est passionnant, mais je digresse.

Malgré leur côté un peu loufoque, ces observations n’en restent pas moins le fruit d’anecdotes vécues sur place et qui m’ont, tu l’auras compris, amusé. Âmes susceptibles, aucun sarcasme de mauvais aloi envers les Béninois ne se cache derrière ces blagounettes, bien au contraire. Mais assez de blabla, entrons enfin dans le vif du sujet.

Les 6 « si » à l’intention du voyageur en terre béninoise

Si en réponse à une de tes questions, un Béninois te répond « je ne sais pas », prends tes jambes à ton cou et fuis vite, très vite. C’est forcément un faux, une pâle copie, voir même un clandestin. Car oui, le Béninois est omnipotent, omniscient et… omnivore. Si tu as un tant soit peu voyagé de par le monde, tu sauras qu’en de nombreux pays, quand tu demandes ton chemin pour aller ici ou là, si ton interlocuteur ne connaît pas la réponse, il t’indiquera tout de même une direction, généralement piochée au hasard. Avouer qu’il ne sait pas reviendrait d’une part à perdre la face, et serait de plus quelque peu désobligeant à ton égard, car un peu trop brusque. Les apparences, ça compte, et pas qu’un peu. Mais à ce petit jeu, les Béninois sont champions du monde hors catégorie. Quand j’ai quitté le port de Cotonou, mon taxi ne savait pas où se trouvait l’hôtel où je voulais passer la nuit. Il connaissait le quartier, mais l’art de l’adresse est empreint ici d’une certaine logique floue. Et comme il faisait nuit, les rues très peu éclairées de Cotonou ne nous aidaient pas vraiment. Donc forcément, il demandait à droite à gauche aux passants où se trouvait cette auberge. On se faisait promener ici, puis là, et là aussi. Bref, nous tournions en rond. Mais au lieu de s’offusquer de ses compatriotes qui le menaient en bateau, il jouait les vierges épeurées au son du « mais je ne comprends pas, pourtant elle m’a dit que c’était dans cette ruelle ». Cette auberge, nous ne la trouverons jamais. Miracle, il réussira tout de même à m’avouer sa défaite en me demandant si, par le plus grand des hasards, il n’y aurait pas un autre hôtel qui pourrait me convenir dans le quartier.

Le Béninois est omnipotent, omniscient et… omnivore

Si tu commandes une Béninoise et que 2 minutes après qu’on te l’ai servie, elle ne ruisselle pas de sueur, tu t’es fait avoir, elle n’était pas fraîche. Tout le monde aura compris évidemment que la Béninoise, c’est une marque de bière.

Ce ne sont pas des Béninoises, mais de l'essence de contrebande !

Ce ne sont pas des bouteilles de Béninoise, mais de l’essence de contrebande !

Si, alors que tu es confortablement assis sur une chaise, un Béninois te souhaite « bonne assise », ça ne veut pas du tout dire qu’il se moque de toi et, tel le Grand Blond avec une chaussure noire, essaye de te signifier que tu as misé sur le mauvais cheval et que ta chaise va s’effondrer, entraînant par la même occasion ton postérieur vers le sol. Non, tout simplement, les Béninois sont des gens très polis. Quand tu arrives quelque part, on te souhaitera systématiquement une « bonne arrivée » et donc, si tu es assis, une « bonne assise ». D’ailleurs, ce « bonne arrivée »avec un grand sourire, je dois bien avouer que je suis un fan absolu.

Si dans la rue, on te salue d’un « bonsoir » alors qu’il est midi et que tu dégoulines sous le cagnard et les 90 % d’humidité ambiante, là encore, pas de stress, tout va bien. En hiver, il n’y a pas de décalage horaire avec le Bénin, donc la raison n’est pas à chercher par là. J’aurais pu jouer au Béninois et trouver une explication à l’emporte-pièce, mais faute d’un effort suffisant d’intégration, je me contenterai d’un « bah non, j’sais pas pourquoi ». Mais comme on dit, de toute façon, c’est l’intention qui compte et oui, même dans les rues de Cotonou, il est assez fréquent qu’un inconnu te salue. Parfois, ce « bonsoir » sera agrémenté d’un « monsieur le blanc ». Quand je te dis qu’ils sont polis !

Si durant un déplacement en taxi-brousse, tu es surpris de voir un gars en non-uniforme faire le planton près d’une barrière à un barrage routier (ils sont assez fréquents), ne crains rien, tout va bien. Simplement, les gendarmes semblent être des personnes qui mènent dix vies de front. Ils n’ont absolument pas le temps de mener à bien la besogne eux-mêmes. Tant et si bien qu’ils délèguent la tâche consistant à faire glisser la barrière pour laisser passer les véhicules à un sous-fifre en non-uniforme. Pendant ce temps, eux sont assis à l’ombre et le plus souvent pendus au téléphone pour régler tous les problèmes de leurs neuf autres vies. À noter tout de même une exception, si c’est l’heure du bakchich, le sous-fifre aura disparu, laissant au représentant de l’ordre la noble tâche d’encaisser la mise.

Si en ville tu veux prendre un taxi, sache qu’ils sont pour ainsi dire inexistants tout comme les bus. Pour se déplacer, tout le monde fait appelle aux motos-taxis qui portent ici le nom de zem. Être assis à l’arrière d’un zem dans les rues encombrées de Cotonou n’est pas toujours de tout repos pour les nerfs du profane. Mais une chose est certaine, la chemise du zem n’y est pour rien, car elle est formelle, il est écrit dessus qu’elle respecte de Code de la route. Reste à savoir si la chaleur aidant, la transpiration, ou je ne sais trop quel autre effet capillaire n’empêcherait pas cette maxime de se transmettre au porteur de la chemise. Oui, tu l’auras compris, la conduite à la mode zem, ça n’est pas toujours un long fleuve tranquille, quant au Code de la route, comment dire…

Eh oui, ils sont vraiment très rapides les zems !

Eh oui, ils sont vraiment très rapides les zems !

Tu es donc à présent absolument incollable sur les us et coutumes béninois. Wikipédia t’avait noyé dans un récit lancinant et incompréhensible et tu t’étais endormi devant les superbes documentaires de la chaîne Voyage sur le Bénin, mais maintenant, ouf, tu sais presque tout sur les habitants de ce beau pays. Mais comme je t’ai promis quelques photos et que je tiens toujours mes promesses, places aux images.

Le Bénin en 11 photos

Les meilleurs coiffeurs sont au Bénin, assurément.

Les meilleurs coiffeurs sont au Bénin, assurément.

Basilique Notre-Dame à Ouidah.

Basilique Notre-Dame à Ouidah.

Maquis dans les rues de Ouidah.

Maquis dans les rues de Ouidah.

Bateau de pêcheur sur la plage de Grand Popo.

Bateau de pêcheur sur la plage de Grand Popo.

Pecheur dans son bateau sur la plage de Grand Popo.

Pêcheur dans son bateau sur la plage de Grand Popo.

Coucher de soleil sur la mer à Grand Popo.

Coucher de soleil sur la mer à Grand Popo.

Statue du roi Béhanzin qui refusa de livrer son pays aux colons Français.

Statue du roi Béhanzin qui refusa de livrer son pays aux colons français.

Les apparats du roi. Oui, il y a des tongs !

Les apparats du roi. Oui, il y a des tongs !

Vous êtes plutôt tailleur inch Allah ou Dieux existe ?

Tu es plutôt tailleur inch Allah ou Dieux existe ?

Coucher de soleil à Abomey.

Coucher de soleil à Abomey.

Et le meilleur pour la fin. Le portrait d’un prêtre vaudou rencontré à Abomey. Je vous reparlerai un peu plus de cette rencontre plus tard.

Pretre vaudou à Abomey.

Prêtre vaudou à Abomey.

Le mot de la fin

C’est tout pour aujourd’hui, en espérant que la balade t’aura plu. Évidemment, d’autres articles sur le Bénin suivront, non sans t’avoir au préalable emmené vadrouiller un peu en Chine, à moins que ça ne soit au Tadjikistan. Si tu as déjà trouvé une quelconque logique dans l’enchaînement des billets sur ce blog, tu as bien de la chance, moi pas ! Faute de cohérence, tu as le droit de donner ton avis par contre, Chine ou Tadjikistan ?

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Laurent Claudel

À propos de Laurent

Attiré par les destinations moins courues, en recherche perpétuelle du Kiffistan, je partage ici ma passion du voyage. J'essaye désespérément de me prendre très au sérieux, mais à ce jour, c'est un échec cuisant. Pour en savoir plus sur ce blog, c'est ici.

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