Batoumi, la mer Noire et des bâtiments tordus

Il est plus que temps, je pense, de conclure les récits de ce voyage entrepris il y a maintenant plus de quatre ans. J’étais venu en Géorgie avant tout pour les montagnes, le Caucase. Je fus amplement récompensé à Kazbegi ainsi qu’à Mestia. Mais pour boucler ce voyage en Arménie et en Géorgie, il aurait été dommage de ne pas aller faire un petit coucou à la mer Noire à Batoumi, la capitale géorgienne des vacances à la mer et des immeubles un peu tordus. Après quoi, il serait temps de rentrer à la maison.

L’arrivée par les collines qui dominent la ville est assez bluffante. La mer Noire apparaît, puis la ville, puis… les embouteillages ! J’avais oublié le concept de l’embouteillage dans les montagnes du Caucase.

J’avais entendu un peu tout et son contraire à propos de Batoumi. Certains la trouvant géniale, cosmopolite et patati et patata quand d’autres la trouvent plutôt bizarre limite détestable et patata et patati (et vice-versa). Adepte du verre à moitié plein (santé, hipsss…), je mise dans ce cas sur le meilleur, tout en anticipant un potentiel fiasco. C’est assez technique, un véritable exercice d’équilibriste !

Tour de Batoumi

Statue de Medea

Ici on aime bien faire sortir de terre des bâtiments un peu bizarres. Les partisans du verre à moitié vide n’ont pas complètement tort, c’est assez baroque. Et en la matière, la tour de Batoumi vaut pour ainsi dire son pesant de cacahuètes. Jugez en plus tôt, une mini grande roue de huit nacelles est accrochée à la tour. Et comme on s’est dit que cette extravagance pourrait néanmoins passer inaperçue, pour ne pas faire dans la demi-mesure, on a peint la grande roue en doré ! C’est aussi accessoirement avec ses 205 m la plus haute tour de Géorgie, ce qui fait qu’elle est visible d’à peu près partout.

Tour de Batoumi

Rue de Batoumi
Tour style URSS
Tour de Batoumi
Tour style géorgien nouveau

Tour de Batoumi

Passé cette étrangeté, les ruelles du centre ville sont plutôt plaisantes, toutes bordées qu’elles sont de jolies bâtisses parfois centenaires. Certaines sont joliment restaurées et entretenues quand d’autres accusent les ans.

De nombreux visiteurs viennent ici bien sûr pour la mer (enfin la plage), mais aussi pour faire la fête. Les nuits de Batoumi ne sont sans doute pas tout à fait à la hauteur des nuits d’Ibiza, mais ça bouge tout de même un peu plus qu’à Trifouilly-les-Oies. En bon adepte du gars occasionnellement obtus qui ne fait pas forcément les choses comme il se doit, je ne suis allé ni à la plage ni sur la piste de danse. Que voulez-vous, à Batoumi, on ne danse pas le jerk, ou tout du moins pas mon jerk !

Centre ville

Centre ville

Centre ville

Mais qu’à cela ne tienne, en lieu et place de piste de danse, certaines rues se voient décorées d’un long tapis rouge où tout un chacun peut se pavaner telle une star. Chacun dans son propre style, cela va de soi.

Défilé de mode
À chacun…
Défilé de mode
… son style

À si bien vagabonder dans les rues de la citée, on finit tôt ou tard sur un quai. En face, quelques navires attendent leur cargaison au pied des grues du port. Rien ne me projette plus dans des rêveries de contrées lointaines que ces grosses caisses de ferraille flottante. Les souvenirs de mon voyage en cargo vers le Bénin 6 mois plus tôt sont encore tout frais. Je me prends à rêver d’embarquer sur un de ces navires et rentrer ainsi par je ne sais trop quelle route en France. Un cargo, ça a beau être un tantinet un peu balourd, une virée sur ces monstres d’acier me semble au moins aussi romantique qu’une balade en gondole à Venise !

Deux ans plus tard, ça sera en fait chose faite, mais dans l’autre sens. En partance alors pour l’Azerbaïdjan, mon voyage de Paris à Bakou par voie terrestre me fera débarquer ici après avoir traversé la mer Noire à bord d’un ferry Odessa Batoumi. Comme quoi, rêvasser en voyage, ça n’est pas une mauvaise idée !

Port de Batoumi

Port de Batoumi

Batoumi ne comptera clairement pas parmi les moments les plus forts de ce voyage en Géorgie, mais ce fut une halte agréable.

Ça ne sera pas non plus à proprement parler la dernière étape de ce voyage avant mon retour en France. J’aurais pu rentrer à Paris depuis l’aéroport de Batoumi, mais il était bien plus avantageux financièrement de traverser la frontière vers la Turquie et de prendre un vol depuis Trazon. Sans compter que c’était l’occasion de boire quelques chaïs turcs, de m’abreuver des bonnes odeurs des marchés turcs et me faire la promesse de retourner un jour en voyage dans ce beau pays qu’est la Turquie. En Géorgie, on se sent un peu comme en Europe, mais en Turquie, c’est un autre monde, l’Orient.

Infos pratiques

Batoumi Trabzon : des marchroutkas (taxis collectifs) partent de la old bus station pour rejoindre Trabzon. Il y a également des bus, mais ils ne vont que jusqu’à la frontière avec la Turquie, et une fois à la frontière, il n’est pas si simple de trouver d’autres transports pour continuer.

Change : il est possible de changer vos derniers lari en livres turcs à la frontière.

Laurent

À propos de Laurent

Attiré par les destinations moins courues, en recherche perpétuelle du Kiffistan, je partage ici ma passion du voyage. J'essaye désespérément de me prendre très au sérieux, mais à ce jour, c'est un échec cuisant. Tu en sauras plus sur ce blog et sur moi dans l'à propos.