Hunza, la mythique Shangri-La

La vallée de Hunza se situe au nord du Pakistan, dans le massif du Karakoram. Elle est souvent considérée comme étant la source d’inspiration de la vallée mythique de Shangri-La dans « Les Horizons perdus » de James Hilton. La vallée, restée très longtemps isolée de part sa position géographique est devenue beaucoup plus accessible depuis la cons­truc­tion de la route du Karakoram. Le premier tronçon de cette route de haute montagne relie les 500 km qui séparent Rawalpindi de Gilgit.

Sur le papier ce ne sont que 500 km de route qui se parcourent de nuit en minibus. Mais à peine quitté Rawalpindi, je constate très vite qu’en fait, le chauffeur se livre pour ainsi dire à un combat entre l’homme et la machine. Il faut d’abord s’extirper de Rawalpindi et de ses embouteillages à coups de klaxon, de queues de poisson et autres psalmodies. Voir le chauffeur juché sur son siège et accroché à son volant slalomer entre les innombrables engins des plus variés qui encombrent la route a un peu des allures de rodéo. Cette première tâche rondement menée, il reste encore 15 heures de route quasiment non-stop. Conduire 15 heures d’affilée sur une route montagneuse sans piocher du nez n’est pas chose facile. Mais le chauffeur n’est en fait pas vraiment seul au volant. Il reste éveillé grâce à son fidèle compagnon l’autoradio. Ce dernier crache à tue-tête son flot de musique pakistanaise tout au long du trajet. Pour ceux qui avaient prévu de piquer un somme durant le voyage, c’est peine perdue ! Et quand pointe l’aube et que Gilgit n’est plus qu’à 2 heures, la route n’est plus. On pense d’abord à la fatigue qui nous joue des tours mais non, la route a bel et bien disparue sous un amas de pierres, un éboulement.

Éboulement sur la route du Karakoram
Éboulement sur la route du Karakoram

Une fois arrivé dans la vallée, le lieu a des allures de paradis terrestre. Dif­fi­ci­le de trouver les mots pour décrire un tel spec­tacle. À vos pieds, la rivière Hunza qui ser­pente à tra­vers la vallée à environ 2 000 mètres d’al­ti­tu­de. Ensuite viennent les champs verdoyants et les peupliers ir­ri­gués par l’eau des glaciers. Un peu plus haut, le vert cède la place à des mon­ta­gnes brunes et ari­des puis aux pics enneigés avec le plus ma­jes­tueux d’entre eux, Rakaposhi, à pas moins de 7 788 mètres. On a même du mal à prendre la pleine mesure d’une telle immensité. Ces géants de granite sembleraient pour ainsi dire facilement accessibles. Il n’y a qu’à lever la tête et tendre la main.

Vallée de Hunza vue de Karimabad
Vallée de Hunza vue de Karimabad

Mais, si cette vallée a fait tour­ner la tête de plus d’un occidental, c’est également grâ­ce à l’ex­trême gentillesse de ses habitants qui allient hos­pitalité musulmane et discrétion. C’est un ha­vre de paix pour backpackers fatigués et en mal d’un peu de repos. Et puis, une fois requin­qué, rien de plus simple que d’enfiler ses chaussu­res pour aller admirer ces montagnes d’un peu plus près. Certains villages restent encore assez isolés avec pour seul passage des passerelles assez précaires. Être né ici et souffrir de vertige est synonyme d’isolement total.

Pont dans la vallée de Hunza
Pont dans la vallée de Hunza de loin
Pont dans la vallée de Hunza
Et d’un peu plus près !

La route du Karakoram se prolonge coté pakistanais jusqu’à la frontière chinoise. Le poste frontière du col de Khunjerab à 4 693 mètres est le plus haut du monde. Mais il me faudra attendre quelques jours supplémentaires pour m’y rendre car la route est à nouveau fermée suite à un glissement de terrain. Quand vous allez vous renseigner pour savoir s’il y a une chance qu’elle rouvre rapidement, on vous répond d’une manière à la fois confiante et résignée « Inch Allah ». Et très vite, cette réponse vous semble être une évidence. Comment pourrait-il en effet en être autrement, « Inch Allah ».

Camion sortant de la rivière Hunza après un brin de toilette
Camion sortant de la rivière Hunza après un brin de toilette

Et quiconque a foulé un jour le sol de cette Shangri-La rêve d’y retourner un jour pour revoir ces montagnes et revivre cette hospitalité humble et modeste mais tellement chaleureuse, généreuse. Malheureusement, la dégradation des conditions de sécurité dans la région rend la chose assez incertaine de nos jours mais un jour, « Inch Allah »

Laurent

À propos de Laurent

Attiré par les destinations moins courues, en recherche perpétuelle du Kiffistan, je partage ici ma passion du voyage. J'essaye désespérément de me prendre très au sérieux, mais à ce jour, c'est un échec cuisant. Pour en savoir plus sur ce blog et sur moi, c'est par ici.

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