À Jiayuguan, j’ai marché sur l’extrémité occidentale de la Grande Muraille de Chine

Poursuivant un peu plus vers l’est le long de cette route de la soie chinoise à travers la province du Gansu, me voici à Jiayuguan. Quand on voit des photos de la Grande Muraille, c’est le plus souvent au nord de Pékin à Badaling. À Jiayuguan, nous sommes à l’autre bout, à l’extrémité occidentale de cette muraille qui entourait, comme il se doit, l’Empire du Milieu. Dès lors que l’on parle de limite d’un empire, on a en tête des images du Far West, de contrées lointaines. À n’en pas douter, perché sur cette muraille, on doit pouvoir scruter l’au-delà de ce territoire géant, les terres barbares ! Et de barbares, il ne devait pas en manquer, car Jiayuguan, compte aussi un fort. Tel l’empereur en visite sur ses terres, me voici donc en tournée d’inspection, prêt à prêter main-forte face aux barbares !

La grande muraille

Un morceau de la muraille de Chine aux confins de l’empire, c’est ce que vous vendra le guide touristique de la région s’il est bien écrit 😉 Ce morceau de muraille a été construit au XIVe siècle, mais celui qui se présente en fait à vous aujourd’hui n’a pas vraiment 700 ans comme on pourrait s’y attendre, mais 30 ans, oui, vous avez bien lu, 30 ans ! Il correspond bien à une section existante de la muraille, sauf qu’il ne devait plus en rester grand-chose et que tout a été restauré à neuf. La muraille n’y est de plus pas très large, et le barbare, si tant est que le touriste ne soit pas assimilable à un barbare, inexistant. Bref, niveau muraille, ça fait un peu plouf, mais pas complètement plof, car les paysages environnants sont vraiment chouettes.

Percher en haut d’une tourelle, les montagnes plutôt rugueuses plus au nord ont dû convaincre les plus ambitieux qu’il était sans doute plus raisonnable d’en rester là et de ne pas poursuivre les conquêtes territoriales plus au nord. Conquérir le monde, ça serait pour plus tard !

Le mieux étant d’y aller à la sortie de l’hiver, car il y aura encore de la neige sur les sommets au loin. En mai, c’est trop tard, la neige à fondu.

Grande Muraille à Jiayuguan

Montagnes Jiayuguan

Grande Muraille à Jiayuguan

Le monde entier est devenu dingue des cadenas d'amour.
Le monde entier est devenu dingue des cadenas d’amour.
Incroyable, une caravane de chameaux ;-)
Incroyable, une caravane de chameaux 😉
Vue depuis la muraille côté pile.
Vue depuis la muraille côté pile.
Vue depuis la muraille côté face !
Vue depuis la muraille côté face !

Le fort de Jiayuguan

Les puristes argueront peut-être que la restauration qui en a été faite est un peu trop “neuve”, mais sincèrement, ça vaut le détour. Je ne vais pas vous faire par le menu détail la visite de toutes les pierres, murailles et autre parapet, mais déambuler dans ce dédale m’a plu assurément. Seul regret, je ne disposais que d’une heure pour la visite, ce qui était en fait bien trop court.

Enfin, pour être plus exact, j’ai cru que je ne disposais que d’une heure. Mon chauffeur de taxi me déposa devant le fort à 10 h 30 et me dit qu’il viendra me reprendre dans une heure. Pendant ce temps, il retourne en ville. Je suis donc de retour au parking à 11 h 45 (oui, je suis en retard), et là, personne ! Je déambule un peu quand soudain, un taxi bleu et jaune (comme tous les taxis à Jiayuguan) arrive et me fait signe. C’est lui, le voilà. Je monte à bord, il s’apprête à démarrer quand je vois sur son volant le sigle H de Hyundai. Ah, pas bon, il y a une heure, il était écrit KIA sur le volant ! Je lui baragouine un truc en chinois que non, ça n’est pas mon taxi et redescends.

Je doute fort qu’il ait compris quoi que ce soit à mon histoire, mais une chose est sûre, une fois de plus, j’ai bien ri. La voiture ne devait sans doute pas avoir non plus la même forme, mais vous savez, moi et les voitures. Cette expérience de terrain est donc la preuve irréfutable que oui, les Chinois se ressemblent tous. Inutile de sous-entendre que je ne serais pas physionomiste. Je ne comprends même pas comment une telle idée a pu ne serait-ce que traverser votre esprit. C’en est limite vexant 😉 Accessoirement, je devrai patienter encore quelque temps avant que mon chauffeur soit de retour, car il ne m’avait en fait pas donné rendez-vous “dans une heure”, mais “à une heure”. Sinon, le chinois, je maîtrise sur le bout des doigts !

Fort Jiayuguan

Fort Jiayuguan et montagnes

Fort Jiayuguan

Remparts Fort Jiayuguan et montagnes

Le marché de Jiayugan

Comme souvent, c’est au marché couvert que l’on peut retrouver une certaine authenticité. Comme à mon habitude en voyage, si le premier petit restaurant auquel je me rends me convient, j’y retourne ensuite à chaque repas. Ça permet au fil des jours de s’y sentir un peu chez soi. La serveuse de mon petit resto local à Jiayugan s’en amusera beaucoup. À chacune de mes visites, elle rit d’un rire chaleureux et très communicatif à me voir ainsi revenir. Quel dommage que je ne puisse aligner guère plus de deux mots de chinois ! Il faudra donc se contenter de cette communication corporelle. Froids les Chinois ? Pensez donc, je ne comprends décidément toujours pas d’où peut venir un tel cliché. Et comme souvent en Chine, les plats y sont délicieux. À quoi bon dans ce cas changer de crèmerie.

Marché de Jiayuguan
Une petit sieste, ça ne peut pas faire de mal !

Marché de Jiayuguan

Conseils pratiques

Taxi ou bus pour visiter les alentours de Jiayuguan

À Jiayuguan, les taxis vous aborderont généralement pour vous proposer une visite des sites environnants qui sont assez nombreux, mais pas forcément tous digne d’intérêt, à vous d’en juger. Ne voulant pas tout visiter, j’ai pris un taxi pour aller à la muraille puis au fort. J’ai payé 130 ¥, mais c’est en fait excessif. N’ayant pas de carte en tête des distances réelles à parcourir, j’ai plutôt mal mené la négociation.
La meilleure solution consiste en fait à se rendre au fort en bus qui est à moins de 5 km du centre-ville. Le bus 6 circule le long de l’avenue Lanxin Xilu et passe devant le fort. De là, il sera toujours possible de négocier un taxi, ils sont nombreux, pour faire la visite de la muraille.

Prix des visites

Pour une fois, les prix sont raisonnables, 21 ¥ pour la muraille et 60 ¥ pour le fort. Pour être honnête, j’ai été tellement surpris du prix annoncé pour la grande muraille que j’ai craint un instant que ce tarif soit en dollars !

Hôtel à Jiayuguan

Parmi les hôtels pas trop chers à Jiayuguan, le Jīnyè Bīnguǎn en plein centre-ville propose des chambres à 130 ¥. Comme souvent en Chine, ne pas se fier aux tarifs affichés à la réception qui sont le plus souvent 2 à 3 fois plus chers que ce qu’on vous proposera, et ce, sans la moindre négociation. Le bus numéro 6 pour le fort passe sur l’avenue juste devant l’hôtel et la gare routière est à deux pas de là.

Transports

Il est possible de relier Jiayuguan aussi bien depuis Dunuang (370 km) que depuis Zhangye (230 km) en train ou en bus, mais sincèrement, compte tenu des distances raisonnables et de la très bonne route, le bus s’avère plus pratique et plus flexible à mon sens.

Laurent

À propos de Laurent

Attiré par les destinations moins courues, en recherche perpétuelle du Kiffistan, je partage ici ma passion du voyage. J'essaye désespérément de me prendre très au sérieux, mais à ce jour, c'est un échec cuisant. Pour en savoir plus sur ce blog et sur moi, c'est par ici.

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