Les Moluques, un voyage dans ces îles perdues là-bas en Indonésie

Il est généralement de bon ton de commencer un article par une accroche avantageuse, voire élogieuse. Un pitch qui donne à la lectrice ou au lecteur, à savoir toi, une envie irréfrénable de lire la suite. J’aurais donc pu décrire les Moluques sous l’angle d’îles paradisiaques avec à tes pieds une mer turquoise et sous l’eau, des coraux, des poissons multicolores, des tortues, voir même pour les plus chanceux des requins. J’aurais pu, mais je me suis dit qu’en fait, la meilleure manière de résumer ce voyage, c’était par une photo. La photo de ce gamin qui plonge dans la mer des Banda depuis le ponton de ma guesthouse à Bandaneira. D’ailleurs, c’est où les Moluques ? Quelque part en Indonésie paraît-il.

Les Moluques c’est où

Il paraît qu’il m’arrive de partir en balade dans des régions du monde pas toujours très connues de tous. Il n’aura échappé à personne que c’est une manière comme une autre de faire son intéressant. Aussi, à l’annonce de ce voyage aux Moluques, certains ont pensé que ma course à l’originalité m’avait cette fois quelque peu fait perdre la raison. J’allais donc partir un mois durant en quête de gastéropodes et autres mollusques !

Je ne vais pas te saouler en recopiant ici la fiche Wikipédia, mais une petite introduction s’impose tout de même pour situer géographiquement et historiquement cette région du monde. Les Moluques (Maluku en indonésien et en anglais) sont un archipel de 632 îles sur les 13 466 que compte l’Indonésie. Ça se trouve dans l’est du pays, à savoir juste avant la Papouasie. Autrement dit, c’est pas mal de petites îles un peu perdues tout là-bas. Tout là-bas, car oui, les Moluques, c’est loin.

Pour clore ce mini résumé historique, les Hollandais ont commencé à coloniser l’Indonésie au début du XVIIe siècle par ces îles pour leurs épices. Ces îles étaient alors le seul producteur au monde de clous de girofle et de noix de muscade, d’où leur surnom d’îles aux épices.

Pourquoi les Moluques

L’Indonésie, ça n’était pas une première pour moi. Je m’y étais déjà rendu à deux reprises. Un premier séjour à Java en 2010 durant lequel j’avais goûté aux biscuits magiques de Borobudur, puis un second à Sulawesi en pays Toraja et aux îles Togian en 2011. De quoi susciter l’envie de retourner une troisième fois dans ce gigantesque archipel. Car oui, l’Indonésie, c’est grand, plus de 5.000 km d’ouest en est, Bali ne représentant que 0,3 % de la superficie totale du pays ! À croire qu’un phénomène magnétique étrange concourt à ce que les avions atterrissent à Bali et pas ailleurs.

Retourner en Indonésie, c’est assurément une bonne idée. D’ailleurs, je ne suis pas le seul à m’y être abonné, car l’Indonésie, c’est un peu le terrain de jeu favori de Corinne, alias Petites Bulles d’Ailleurs. Mais pourquoi aux Moluques ? Qu’y a-t-il donc de si intéressant à y faire à part croiser ces sourires ?

Marché de Ternate

Au nord des Moluques un patrimoine culturel datant des anciens sultanats de Ternate et de Tidore ainsi que des volcans en veux-tu en voilà. C’est d’ailleurs la région d’Indonésie qui compte la plus forte concentration de ces cônes majestueux crachotant à l’occasion leur petit panache de fumée (voir plus). La plus forte concentration de volcans dans un pays qui en compte 150, excusez du peu. Cerise sur le gâteau, cette région ne voit passer que très peu de touristes.

Plus au sud, et en particulier aux îles Banda, on peut pour ainsi se prendre pour Vendredi, peinard sur son îlot abandonné au milieu des mers. Une petite plage tranquille, une eau turquoise, des coraux et des poissons de toutes les couleurs, avoue qu’on a connu pire. On n’y est pas tout à fait seul, mais le côté reculé et peu accessible de ces îles est tout de même un facteur des plus limitant.

Si je résume, des îles un peu perdues, un accueil chaleureux au possible, des paysages au top et très peu d’infrastructures touristiques. Je ne sais pas toi, mais pour moi, c’est un peu synonyme d’eldorado.

Un voyage de 4 semaines aux Moluques

Une fois arrivé à Ternate, hors de question de monter à nouveau à bord d’un avion. Évidemment, l’avion c’est rapide et pas très cher, on connaît la chanson. Mais voilà, mon credo n’a pas changé. Un pays, ça se découvre au ras du sol, et l’Indonésie étant un archipel, ça sera cette fois au ras des eaux.

Google maps ne connaissant pas trop les routes maritimes, tu devras te contenter sur cette carte de mes points de chute, à savoir Ternate, Tidore, Ambon, Bandaneira, Pulau Hatta, Saparua et Laha. Je te confie la délicate mission qui consiste à relier ces points par de jolies courbes. Courbes qui devront contourner cette myriade d’îles et d’îlots, car pas de blagues, il ne s’agit pas de s’échouer sur un récif.

Mais halte-là, histoire de garder sous le coude de la matière pour te convaincre de ne surtout pas mettre les pieds dans cet archipel, l’heure est venue de clore ce billet par une de ces listes alambiquées. Tu sais, une de ces listes que j’affectionne tant et qui résument un voyage en 10 points.

Les 10 raisons de partir en voyage aux Moluques

Afin que l’on n’aille pas me chercher de noises, que oui, tu reviens des Moluques, mais tu n’as pas eu droit à autant de hello mister et patati et patata, je précise que ceci n’est valable que pour un séjour à l’identique. Un voyage de 4 semaines, avec arrivée à Ternate, départ d’Ambon et un parcours en tout point identique. Il te faudra également mesurer 1 m 90, sans quoi le nombre de photos et de I love you risque de chuter. Il n’est par contre pas complètement établi que le fait d’être chauve soit une réelle nécessité.

Donc un voyage aux dans ces îles aux épices, c’est :

  • 1313 hello mister, 841 how are you mister et 63 I love you mister. Tu l’auras compris, l’accueil ici, on ne prend pas ça à la légère.
  • Mon portrait dans 237 téléphones.
  • Quelques Bitang, mais assez peu en fait, car qui dit peu de touristes dit peu de bières.
  • Une overdose de nasi gorang1riz frit.
  • Une autre overdose de poisson frais à Pulau Hatta.
  • Une dernière overdose, pour ainsi dire fatale de jus de mangue, de melon, d’avocat en veux-tu en voilà.
  • 1200 km sur l’eau, en bateaux, parfois sur une petite embarcation pour quelques kilomètres, d’autres fois sur un Pelni plus ou moins rempli à craquer.
  • Seulement 60 km sur du goudron en bemo2mini bus, sans compter quelques courts déplacements en ojek3moto taxi ici et là.
  • Quelques parties de petits chevaux au grand air au milieu de la nuit à l’arrière d’un bâteau avec des étudiants indonésiens.
  • Franchir l’équateur entre Ternate et Ambon à bord du Dorolonda.
Franchissement équateur
0,0005° de latitude nord
Franchissement équateur
0,00003° de latitude sud

Les 7 raisons ultimes

Parce que tu es exigeant, on ne te la fait pas, 10 raisons, non seulement ça n’est pas suffisant, mais ça sent en plus le coup monté. Voici donc les 7 raisons ultimes qui vont te faire enfiler illico presto ton maillot de bain et partir à la nage.

  • Nager avec des tortues pas très sociales qui n’en avaient rien à battre de ma présence, raison de plus pour les admirer.
  • Observer 1549 poissons de toutes les couleurs et de toutes les tailles.
  • Saluer quatre dauphins venus me faire un petit coucou entre Ternate et Ambon.
  • Pas mal de soleil, mais aussi une palanquée de seaux d’eau, car qui dit climat équatorial, dit quelques jolis échantillons de pluies équatoriales. Comment ça, c’est nul la pluie. Et ta peau, tu y as pensé qu’une peau bien hydratée c’est important ?
  • Moult volcans vus d’en bas. Que veux-tu, on est feignant ou on ne l’est pas. Je m’étais bien préparé pour le sommet du Gunung Api aux Banda, mais la météo matinale et ses seaux d’eau en ont décidé autrement.
  • Du snorkeling quotidien à portée d’orteil à Pulau Hatta.
  • Un maximum de glande, parce que faut pas déconner non plus !

Les Moluques en 9 photos

Mon petit inventaire n’était pas convaincant ? Qu’à cela ne tienne, je passe la parole aux photos.

Ternate au lever du soleil
Ternate au lever du soleil
Coucher de soleil sur Tidore
Coucher de soleil sur Tidore
Nord des Moluques
Au nord des Moluques, des volcans, encore des volcans
Marché d’Ambon
Embouteillage d’odjeks au marché d’Ambon
Bandaneira Gunung Api
Gunung Api vu depuis le fort belge de Bandaneira
Bandaneira
Dans les rues de Bandaneira
Port de Bandaneira
De futurs capitaines
Pulau Hatta
Pulau Hatta ou une semaine de farniente loin de tout. Bienvenue aux îles Banda.
Pluie à Saparua
Quelques seaux d’eau à Saparua

Une certitude, l’Indonésie, ça n’est pas fini. Il y aura une quatrième fois et sans doute bien plus. En fait, en Indonésie, il faudrait y aller pour de longs mois et se déplacer tranquillou d’île en île en Pelni. Une vraie vie de pacha quoi. D’ailleurs c’est décidé, je vais monter un karaoké aux Moluques. Ça s’appellera le karaoké du grand français, tout simplement. Succès assuré !

Et si par le plus grand des hasards, tu as dans ta hotte des destinations de la même trempe, je ne saurais que trop te conseiller du glisser ça dans les commentaires. Je suis preneur 🙂

Infos pratiques

Les Moluques n’étant pas très connues, je vais pour une fois me fendre d’un effort pour ainsi dire surhumain et glisser un peu plus d’informations pratiques qu’à l’accoutumée. Et si tu cherches des infos sur les Maluku, bonne nouvelle, c’est la même chose, donc c’est également par ici.

Où aller aux Moluques

Un archipel de 632 îles, même si elles ne sont pas toutes habitées, il va falloir choisir. D’autres articles sur mes différents points de chute et les divers centres d’intérêt viendront égayer tout ça, mais voici un résumer très (trop) rapide.

Au nord

Le nord de l’archipel avec les anciens sultanats de Ternate et Tidore a de quoi ravir les férus d’histoire. C’est aussi là que l’on trouve le plus de volcans. Les touristes dans cette région se comptent sur les doigts d’une main, quand bien même il t’en manquerait quelques-uns !

Au centre

C’est sans conteste, avec les îles Banda, la région qui attire le plus de touristes. Si la plongée ou le snorkeling comptent parmi tes passions, tu vas y êtes un peu au paradis. Mais le paradis étant peu accessible (transports limités) et les infrastructures touristiques peu nombreuses, on y est vraiment peinard.

Au sud

Les îles Kei sont réputées pour leurs plages soi-disant parmi les plus belles d’Asie du Sud-Est (rien que ça). Je ne saurais en dire plus, car sauf à courir ou à prendre l’avion, je n’ai pas eu le temps en un mois d’aller à la fois au nord, au centre et au sud.

Plus de lecture

Pour des informations détaillées en anglais sur les Moluques, il y a l’excellent et incontournable site East-Indonesia. Tout n’est pas toujours très à jour, mais la quantité d’informations disponibles est bien plus abondante que sur le Lonely Planet. Et je ne parle même pas du Routard pour qui l’Indonésie se résume à Bali et Lombok (non, ça n’est pas une blague !).

Quand partir aux Moluques

L’archipel ne suit pas vraiment le climat de la majeure partie de l’Indonésie en ce qui concerne la mousson.

Dans le nord, il est difficile de distinguer une saison des pluies d’une saison sèche (ou moins humide). Sur les courbes climatiques de Ternate, il pleut un peu moins de juillet à octobre, mais en moyenne, on tourne autour de 180 mm de pluie par mois, soit 3 fois plus qu’en France. Ça ne veut pas dire qu’il ne fait que pleuvoir, mais il peut pleuvoir n’importe quand. Quant aux températures, l’électrocardiogramme est plat avec un petit 30 °C toute l’année. Bref, c’est un climat on ne peut plus équatorial.

Le centre (Ambon, les îles Banda) a quant à lui une saison des pluies plus marquée de mai à août. En juin, il tombe à Ambon en un mois ce qu’il tombe en France en une année ! Je te laisse admirer les courbes climatiques pour Ambon et Bandaneira. Les pluies se calment de septembre à mars, mais ça n’est pas non plus ce qu’on peut appeler une saison sèche, mais plutôt une saison moins humide.

En plus de la saison des pluies, il faut tenir compte du vent. De décembre à février, le vent d’ouest peut rendre la mer assez houleuse, rendant les déplacements plus compliqués, et la visibilité en mer beaucoup moins bonne pour la plongée et le snorkeling.

Donc pour résumer tout ça, en ce qui concerne la météo, les meilleurs mois pour partir en voyage aux Moluques, c’est soit de mars à avril, soit d’octobre à novembre.

Budget pour 4 semaines

Les Moluques sont un peu plus chers que le reste de l’Indonésie, mais ça reste très raisonnable. Pour un séjour de 4 semaines en mode routard, j’ai dépensé sur place 550 €, plus 150 € pour les vols intérieurs Jakarta-Ternate et Ambon-Jakarta, plus 400 € pour un Paris-Jakarta aller-retour (une aubaine). On arrive donc à un budget global au départ de Paris de 1100 € pour un mois dont la moitié en aérien, ça n’est tout de même pas très cher.

Se déplacer aux Moluques

Les deux villes principales, Ternate et Ambon, sont très bien desservies et les vols intérieurs ne sont pas très chers. Un site assez pratique pour trouver ces vols est Ticket2. Une fois trouvé son bonheur, comme toujours, il est préférable de réserver en ligne directement auprès de la compagnie aérienne. Les vols sont fréquents et il est rarement nécessaire de réserver longtemps à l’avance.

Pour le reste, le bateau, avec notamment les navires de la Pelni, est roi.

   [ + ]

1. riz frit
2. mini bus
3. moto taxi

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Laurent

À propos de Laurent

Attiré par les destinations moins courues, en recherche perpétuelle du Kiffistan, je partage ici ma passion du voyage. J'essaye désespérément de me prendre très au sérieux, mais à ce jour, c'est un échec cuisant. Tu en sauras plus sur ce blog et sur moi dans l'à propos.