L’Isalo, un parc national « aïe ça fait mal c’est trop beau »

Alors que mon esprit vadrouille à nouveau à la recherche d’une destination pour un prochain voyage, je repense à ma petite balade à Madagascar. Ça avait été un voyage splendide tant l’île rouge regorge de paysages à tomber. Mais je suis bien ingrat envers la grande île, car je ne vous en ai parlé qu’à deux reprises. L’heure est donc venue de me rattraper. Nous nous étions quittés dans la vallée du Tsarano, poursuivons ce voyage un peu plus vers le sud le long de la RN7, jusqu’à Ranohira et le parc national de l’Isalo. La falaise de Tsaranoro, c’était déjà à se taper le postérieur par terre une bonne dizaine de fois, mais l’Isalo, c’était pas mal non plus. Vous m’en direz des nouvelles.

Commençons le voyage par un petit exercice phonétique. Comme souvent à Madagascar, ça ne se prononce pas du tout comme ça s’écrit. Sans doute une ruse pour reconnaître à tous les coups les vazahas1étranger à la peau blanche novices des vazahas un peu plus aguerris. Toujours est-il que si vous cherchez un taxi-brousse en partance pour le parc national de l’Isalo en prononçant « izalo », les taxis-brousse au naturel déjà assez élusifs risquent fort de prendre la poudre d’escampette. Car en fait, vous voulez plutôt vous rendre dans le parc de « l’Ichal ».

En taxi-brousse, c'est parfois encore plus encombré à l'intérieur que sur le toit !
En taxi-brousse, c’est parfois encore plus encombré à l’intérieur que sur le toit !

Mon taxi-brousse pour rejoindre Ranohira (la commune qui jouxte le parc) depuis Ambalavao ayant été du genre mini-van-10-places-mais-à-20-ça-passe-sans-problème-aucun, je décide en arrivant dans l’Isalo de m’accorder une petite pause. Laisser à mes os l’opportunité de se remboîter les uns dans les autres comme il se doit ne devrait pas être pour leur déplaire. J’admire donc l’escarpement depuis mon bungalow. Avouez qu’on a connu lieu plus déplaisant. Au cas où la question « mais qu’est-ce que je fou là » aurait traversé mon esprit durant le transit mini-van-10-places-mais-à-20-ça-passe-sans-problème-aucun, la réponse est aujourd’hui en fait assez limpide.

Vue sur le massif de l'Isalo depuis mon bungalow
Vue sur le massif de l’Isalo depuis mon bungalow. Les bidons, c’est pour la douche !

Étant du genre assez contemplatif, buller paisiblement devant de beaux paysages, je sais faire. Mais j’ai tout de même une soi-disant réputation à tenir. Je pars donc à l’aventure dans la brousse pour me frotter à la faune locale. Environ 80 % de la faune à Madagascar est endémique, donc c’est assurément la destination pour se lancer tête baissée dans la savane à la rencontre des bébêtes sans doute les plus improbables qu’il soit. Ça, c’est la théorie, car en pratique, alors que je sirote paisiblement une bière assis allongé dans un hamac, un caméléon vient de lui-même me faire un petit coucou. Si on peut en plus prendre des photos sympas tout en jouant au feignant, pourquoi s’en priver ? Après tout, je suis tout de même en vacances non ?

Un caméléon qui passait pas là
Un caméléon qui passait pas là

La visite du parc de l’Isalo

Le parc national de l’Isalo ne peut pas se visiter seul. Le guide est obligatoire. Le mien n’était pas forcément le meilleur que mes pas aient croisé à Madagascar. On ne peut pas dire qu’il débordait d’un enthousiasme à tout fendre, mais on s’est tout de même bien entendu. Au début du parcours, nous nous élevons d’abord sur le plateau jusqu’à arriver au bord de l’escarpement. La vue de là sur la plaine environnante est à proprement parler enivrante.

Parc de l'Isalo

À vrai dire, c’est même à me demander si je ne vais pas juste rester là, expliquer au guide que finalement, on ne va pas plus loin. Devant ce genre de paysage, je peux sincèrement rester des heures. Les photos, ça laisse de jolis souvenirs, mais imprimer sa rétine de ce spectacle, humer l’air, regarder survoler les oiseaux, puis fermer les yeux et les rouvrir à nouveau pour s’assurer qu’on ne rêve pas, c’est ça qui laisse de vrais souvenirs. Le mode, en voyage, j’avance au pas de course pour en voir un maximum, restera décidément pour moi un éternel mystère.

Mais avançons tout de même un peu, car force est de reconnaître qu’à l’intérieur du parc, ça n’est pas dégueu non plus. Par endroits, on se croirait pour ainsi dire face à une version miniature du Grand Canyon ou quelque chose comme ça.

Parc de l'Isalo

La roche par endroits est très étrange, très rouge. Elle est également très fragile et friable. Mais le plus étrange, c’est que hormis une élégance certaine qui ne manquera sans doute pas de vous faire de l’œil, cette roche est sonore. Frapper certaines cavités produit en effet un son métallique pour le moins surprenant. On imagine déjà un ensemble de percussionnistes qui s’installeraient là pour un concert improvisé sous les étoiles. La roche très fragile ne s’en remettrait sans doute pas, mais l’idée a ce côté incongru qui n’est pas pour me déplaire.

Frapper les cavités derrière mon guide tout souriant fera... dongue-dongue
Frapper les cavités derrière mon guide tout souriant fera… dong-dong

La case des conseils pratiques

Que visiter dans le parc de l’Isalo

  • La tarification est assez étrange. Elle ne dépend en effet pas du tout de la durée du tour effectué, mais du nombre de points clés que l’on choisit de visiter. De sorte qu’un même parcours avec arrêt à 3 ou 5 points clés ne coûtera pas du tout le même prix. Globalement, ça n’est pas bon marché, 25 000 ariarys (soit 7 €) pour l’entrée à quoi s’ajoute le plus souvent 25 000 A supplémentaires par point clé.
  • J’ai pour ma part opté pour le chemin des crêtes (25 000 A) avec un passage par la piscine naturelle (25 000 A), soit 75 000 A (21 €) avec les droits d’entrée du parc. Le chemin des crêtes permet d’avoir une vue incroyable sur les paysages, alors qu’une fois descendu dans le canyon, avec la végétation, on ne voit pas tant de choses que ça en fait. Je n’ai clairement pas regretté mon choix, c’était vraiment top.
  • Mon guide voulait ajouter 2 ou 3 autres visites le long du parcours. Je ne suis sincèrement pas convaincu que ça valait les 25 000 supplémentaires à chaque visite. Forcément, il était du coup un peu grognon.
  • Le guide est obligatoire. Soit vous en connaissez un qui est habilité, soit on vous en assigne un quand vous achetez votre billet. Il est du coup assez courant de se faire aborder dans les rues de Ranohira par des guides vous proposant leurs services. Les prix sont fixés par le parc et donc non négociables.
  • Il est possible de partir en randonnée pour plusieurs jours en campant. Évidemment, le guide reste toujours obligatoire.

Où loger à Ranohira

  • N’ayant testé qu’une seule option, je ne saurais bien évidemment comparer aux autres, mais Chez Alice était vraiment sympa. Ce sont des bungalows traditionnels avec vue sur l’escarpement du parc de l’Isalo. L’accueil est au top et Alice vous fait vous sentir chez vous. Il est également possible de manger sur place. Et pour ne rien gâcher, le prix est des plus raisonnable, j’ai payé (en 2011) 20 000 A (~5.50 €) pour un bungalow avec douche commune.

Quitter Ranohira

  • Pour le trajet de Ranohira à Tuléar ou dans l’autre sens, vers Ambalavao et Fianarantsoa, il n’y a pas de gare de taxi-brousse ! Il suffit de s’installer le long de la RN7 et d’attendre. Les taxis-brousse de passage avec des places s’arrêtent. Attention tout de même, il y a toujours un gars qui fait genre « je suis super sympa et je t’arrange ça », sauf que si vous lui payez la course, il se prend une commission très confortable avant de payer le taxi-brousse !
  • Si vous êtes plus de deux, il faudra sans doute se séparer en petits groupes, car les taxis-brousse ont rarement plus d’une ou deux places de libres.

D’autres projets africains ?

Quand je vous ai dit en introduction que le voyage occupait mon esprit ces derniers temps, ça n’est pas forcément un grand scoop. En effet, quand je ne voyage pas, je vous parle de mes voyages sur ces pages. Il arrive également qu’on se croise à l’occasion d’un ApéroVoyageurs PassDav où l’on parle évidemment voyage. Je n’ai pas souvenir d’un ApéroVoyageurs durant lequel la discussion aurait bifurqué faute de mieux vers la pluie et le beau temps ! Et quand je vais boire un verre avec des amis, devinez quoi ? Bah oui, encore les voyages. On approche dangereusement du tic obsessionnel compulsif, et comme je ne me soigne pas, c’est bien parti pour durer.

Mais je digresse dangereusement, si le voyage occupe un peu plus mon esprit ces derniers temps, c’est que je cherche un port où m’amarrer. J’emploie le mot port à dessein, car l’idée est de partir en cargo. Parmi ces ports, un est au Moyen-Orient, à Ashdod et deux sont en Afrique, à Dakar et Cotonou. L’Afrique me fait du pied depuis quelque temps, mais mon choix n’est toujours pas arrêté. Comme à mon habitude, je procrastine.

Un qui a déjà fait son choix, c’est Julien Gérard. Il est photographe et a lui aussi souvent en tête des rêves d’Afrique. Vous ne connaissez pas Julien ? Et bien un conseil, commencez par aller voir ses photos sur son site, vous ne serez, croyez-moi, pas déçu. Il retourne au Bénin, un pays qu’il connaît très bien pour y être allé à de nombreuses reprises. Change Face, le nom de son projet pour ce voyage, a pour but de ramener un témoignage des Bétammaribés, un peuple vivant dans les montagnes au nord du Bénin et notamment d’une de leurs traditions qui est la scarification du visage et du corps, d’où le nom du projet !

L’heure du dessert

Vous êtes encore là ? Vous avez réussi à vous déscotcher des photos de Julien pour revenir par ici ? Dans ce cas, forcément, c’est que vous redemandez un peu d’Isalo avant de tourner la page. Voici deux dernières petites photos pour la route. Si après ça, vous n’allez pas crier sur tous les toits que Madagascar, c’est un pays merveilleux, les bras m’en tombent 😉 Alors de grâce, lâchez prise, respirez un bon coup, on aspire, on souffle, et hop, c’est comment Mada ?

Parc de l'Isalo

Parc de l'Isalo

Cette fois-ci, c’est vraiment fini 🙂

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1. étranger à la peau blanche
Laurent

À propos de Laurent

Attiré par les destinations moins courues, en recherche perpétuelle du Kiffistan, je partage ici ma passion du voyage. J'essaye désespérément de me prendre très au sérieux, mais à ce jour, c'est un échec cuisant. Pour en savoir plus sur ce blog et sur moi, c'est par ici.

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