Tbilissi ou mes premiers pas dans la capitale de la Géorgie

Après une dizaine de jours en Arménie, l’heure est venue de traverser la frontière et démarrer ce voyage en Géorgie. Je ne sais pas trop pourquoi, mais j’attends beaucoup de ces quelques jours à Tbilissi, en espérant ne pas avoir mis la barre trop haut, c’est toujours le risque.

L’histoire commencera par une belle frayeur à peine arrivé dans les rues de la ville. Elle tournera ensuite à la tragi-comédie à l’auberge de jeunesse, avant de se clore de manière plus traditionnelle en jouant au touriste et à l’observateur de rue, une de mes marottes en voyage.

Un accueil mouvementé

Au poste-frontière, pas de bousculades, pas de queues interminables, pas de fouilles de bagages, une frontière comme je les aime en fait.

Arrivé en ville, en quête d’une auberge de jeunesse, je m’emmêle un peu les pinceaux dans les ruelles. Est-ce le nord qui est à l’est ou moi qui suis à l’ouest, je ne saurais dire, mais il y a comme un bug.

On m’avait dit, en Géorgie, dans les montagnes, fais gaffe aux chiens de berger, ils peuvent être féroces. Moi qui en plus en ai peur, j’avais bien retenu la leçon. Finalement, c’est dans la vieille ville de Tbilissi que je me retrouverai nez à nez avec un pitbull qui s’est fait la malle et semble ravi de me montrer ses belles canines.

Un passant (son maître ?) réussi, alors qu’il est tout proche, à le chasser dans une autre direction. C’est à ce moment là que je réalise que la ruelle est vide, tout le monde s’étant réfugié dans les boutiques ou derrière les grilles des cours. À 197 battements de cœur par minute et les jambes en coton, je poursuis mon chemin d’un pas décidé droit devant moi, mais sans courir, surtout ne pas courir. Voilà un séjour qui démarre sur les chapeaux de roue !

Vue de Tbilissi
Vue de Tbilissi depuis la forteresse

Le soûlard de l’auberge

La séquence toutou étant close, tout file maintenant comme sur des rails, enfin presque. La première auberge de jeunesse est pleine. À la seconde, il y a de la place, un lit dans une chambre de six, c’est parfait.

Une demi-heure plus tard, mon coloc est de retour. Ricardo1prénom changé est ce qu’on peut appeler un personnage. Il tient visiblement une gueule de bois assez costaud, jusque là, tout va bien. Mais Ricardo s’est lancé dans une aventure un peu folle qui n’est tout de même pas à la portée du tout un chacun. Son challenge consiste à réussir à embarquer dans un vol pour Moscou, oui, carrément.

Dit comme ça, la mission ne semble pas forcément insurmontable, sauf qu’en fait si. Il a déjà tenté le coup à deux reprises, mais en vain, refus d’embarquement. Sa première tentative avait pour ainsi dire été couronnée de succès, jusqu’à ce qu’il se soit allégé l’estomac juste au moment de monter à bord, si près du but. Pour la seconde, il n’a même pas réussi à passer les checks de sécurité. Car voyez-vous, Ricardo a en fait ce qu’on peut appeler un petit problème d’alcool.

Mais cette fois-ci, il est confiant. Il a acheté un nouveau billet Tbilissi-Moscou pour ce soir, et ça va le faire. Il semble hyper motivé, et pour me le prouver, il sort une bouteille de vodka et un litre de jus d’orange de son sac.

Me voilà donc à discuter avec lui sur la terrasse de l’auberge. Hormis le fait qu’un mot sur trois soit fuck, il parle très bien anglais. En résumant à l’essentiel, la séquence ressemblera à ça :

17 h : Ah putain cette fois, ça va le faire. J’vais y arriver.

17 h 30 : Putain de merde, un verre de plus. Mais tu sais, cette fois merde, ça va être bon. Putain j’vais monter dans ce putain d’avion, ils vont voir ça.

18 h : La bouteille de vodka est au 3/4 vide et j’essaye de le convaincre qu’il est peut-être l’heure de préparer ses affaires et d’aller à l’aéroport (son vol est à 21 h). Aller, juste une petite sieste de 10 min et putain de merde, je fais mon sac, c’est bon.

Il prépare son sac, se couche, se laisse convaincre de se relever, se recouche et ainsi de suite. Il grogne, m’engueule quand je le secoue pour qu’il ne s’endorme pas, puis me remercie, que je suis le gars le plus sympa du monde et qu’il m’appellera dès qu’il aura atterri à Moscou grâce à moi.

Son sac finit par être prêt. Il insiste pour me donner ce qu’il n’a pas réussi à faire rentrer dedans ainsi que son smartphone dernier cri dont il ne veut plus. Il sort de la chambre et s’affale dans le canapé en attendant son taxi. Cette fois-ci, il ne réussira même pas à monter dans le taxi, mais demain, qui sait ?

Épilogue : 2 ans plus tard, en route pour visiter l’Azerbaïdjan, je passe à nouveau par Tblissi dans cette même auberge pour une courte nuit. Surprise, Ricardo n’y est plus. Il a fini manifestement par trouver une voie de sortie !

Balade en ville

Alors bien sûr, vous pouvez comme Ricardo vous lever à 16 h, boire de la vodka jusqu’à plus soif avant de vous recoucher. Mais au cas où une approche plus classique du tourisme à Tbilissi et en Géorgie aurait vos faveurs, la suite de ma visite de la capitale de la Géorgie pourrait vous intéresser, qui sait !

Opéra et théatre de baller de Tbilissi
Opéra et théatre de baller de Tbilissi

Les ruelles de la vieille ville adossées à la forteresse ont un charme certain, mais le mot est visiblement passé, car c’est assez touristique. Dans les restaurants et les cafés du centre, plus besoin d’essayer de m’expliquer en russe, les serveurs parlent anglais. Après l’Arménie, le contraste est pour tout dire assez saisissant.

Évidemment, pouvoir d’exprimer en anglais, c’est plus simple, mais ça apporte également moins de satisfaction. Comme souvent en voyage, je remarque que la facilité et le confort amoindrissent l’expérience. Ça ne tient nullement d’un quelconque masochisme, tout au plus de l’envie de ressentir que je suis pleinement vivant.

Concert Hall de Tbilissi
Concert Hall de Tbilissi

Que voir à Tbilissi

Si je devais résumer Tbilissi en quelques mots, ça serait pour moi la Koura (le fleuve qui traverse la ville), les vieilles pierres et les rues pavées de la vieille ville, quelques bâtiments à l’architecture futuriste, dont le pont de la Paix, et des églises très fréquentées par des Géorgiens manifestement assez pieux.

Voici donc un aperçu des quelques jours d’un séjour des plus classiques fait de déambulations dans les rues entre deux averses. Ce printemps est effet aussi pluvieux ici que dans le reste de l’Europe m’obligeant à quelques courses précipitées aux abris. Les montagnes du Caucase géorgien m’éblouiront davantage, mais Tbilissi n’en reste pas moins une ville au charme certain et ces 4 jours ne seront pas de trop pour en profiter pleinement.

Le pont de la Paix

Paris a sa tour Eiffel, Tblissi a son pont de la Paix. J’exagère sans doute un peu la portée de ce monument, mais ce pont piéton relativement récent (il date de 2010) qui relie les deux rives de la Koura est tout de même un marqueur assez important. Son style des plus moderne a dû faire grincer quelques dents, mais je trouve le résultat des plus réussi. Ainsi semblent également en avoir décidé les nombreux jeunes mariés qui viennent prendre la pose.

Pont de la Paix

Pont de la Paix

La cathédrale Saméba (Sainte Trinité)

La Géorgie est un pays chrétien orthodoxe dans lequel, malgré la période soviétique, l’Église a une place et une influence importante. Tellement importante que la cathédrale de la Trinité, consacrée en 2004, a été financée pour l’essentiel grâce à des donations. Je ne sais pas de nos jours à quelle hauteur s’élèverait la flèche d’une cathédrale ainsi financée en France, mais en Géorgie, on atteint s’il vous plaît les 87 m !

À l’intérieur, c’est le défilé des fidèles qui, comme c’est la tradition dans la culture orthodoxe, font leur petit tour en embrassant les différentes icônes et en se signant à tout va avant d’aller allumer un cierge. Le rituel et l’affluence sont comparables dans les plus petites églises que j’ai pu visiter à Tbilissi.

Cathédrale de la Trinité de Tbilissi

Cathédrale Sameba

Fidèle dans une église de Tblissi

Fidèles dans la cathédrale de la Trinité

Pretres dans la cathédrale de la Trinité

Cierges dans une église en Géorgie

Bilan

Conclusion de ces quatre jours à Tbilissi, comme je l’ai dit, j’en attendais beaucoup. Je m’y suis plu, mais la pluie a quelque peu contrarié mes envies de flânerie. Satisfait donc de ces quelques jours, mais j’ai maintenant hâte d’aller voir de plus près les montagnes du Caucase.

Infos pratiques

Où dormir à Tblissi

L’offre d’hôtels et d’auberges de jeunesse à Tbilissi ne manque pas. Je passerai les premiers jours au Namasté Hostel avant de finalement déménager à l’Envoy Hostel.

Le Namasté Hostel est une petite auberge bien sympa à prix plancher (23 GEL le lit en dortoir de 6) avec un salon commun et une petite terrasse.

L’Envoy Hostel offre un confort supérieur, mais on est là dans ce qui s’approche un peu de l’auberge autoroute à touristes. Tout est géré nickel avec une efficacité certaine, mais le côté usine à backpackers est plus présent que le côté humain. Un lit dans un dortoir de 4 coûte 36 GEL, petit-déjeuner inclus.

En fait, si ça n’était Ricardo qui était devenu un peu trop pénible après deux jours au Namasté, j’y serais resté, car ça correspond davantage à ce que je recherche, primant la convivialité sur le confort.

Transports

Tbilissi étant la capitale de la Géorgie, c’est aussi forcément un nœud de transport des plus important, que ce soit pour le train ou les marchroutka (les bus sont rares en Géorgie).

Tblissi-Erevan : un conseil d’ami, ne rejoignez pas Everan directement depuis Tbilissi. Arrêtez-vous en chemin à Alaverdi pour visiter les monastères, ça en vaut vraiment la peine. Dans tous les cas, que ce soit pour rejoindre Alaverdi ou Erevan, départ de la gare routière d’Ortachala au sud-est de la vieille ville. Compter 6 h pour parcourir en bus les 290 km jusqu’à Erevan et 3 h pour les 120 km jusqu’à Alaverdi en marchroutka. Pour les amoureux du train, un train de nuit circule un jour sur deux de fin septembre à mi-juin et tous les jours en été. Il met 10 à 11 h pour aller de Tblissi à Erevan.

Tblissi-Batumi : toujours depuis la gare routière d’Ortachala, compter 6 h de bus pour couvrir les 380 km. Il y a plusieurs bus tout au long de la journée.

Tblissi-Kazbegi : direction cette fois la gare de Didube au nord de la ville (que l’on peut rejoindre facilement en métro). Des marchroutka partent régulièrement pour les 3 h de route jusque Kazbegi.

Visa

Je rappelle à toutes fins utiles que pour la plupart des nationalités, aucun visa n’est nécessaire pour visiter la Géorgie. Pour un Français, une simple carte d’identité suffit, et vous pouvez rester dans le pays une année entière. C’est limite la baraka !

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1. prénom changé

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Laurent

À propos de Laurent

Attiré par les destinations moins courues, en recherche perpétuelle du Kiffistan, je partage ici ma passion du voyage. J'essaye désespérément de me prendre très au sérieux, mais à ce jour, c'est un échec cuisant. Tu en sauras plus sur ce blog et sur moi dans l'à propos.